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Faillite de Character.AI : que deviennent les données des utilisateurs ?

Character.AI s'est placé sous la protection du Chapter 11 et cède une partie de ses actifs à Disney. Une quarantaine de procureurs généraux américains demandent que les données des utilisateurs soient protégées lors de cette vente.

Faillite de Character.AI : que deviennent les données des utilisateurs ?

TL;DR.

Character.AI, plateforme de chatbots conversationnels, s'est placée sous la protection du Chapter 11, une procédure de faillite américaine, et cède une partie de ses actifs à Disney. Une quarantaine de procureurs généraux américains demandent que les données des utilisateurs soient protégées lors de cette vente. Si votre entreprise confie des données à des outils d'IA tiers, ce dossier est un cas d'école : il montre ce que deviennent ces données quand le fournisseur fait faillite.

La procureure générale de l'État de New York, Letitia James, a révélé qu'une enquête est menée depuis plusieurs années par plusieurs États contre Character.AI. Elle fait partie d'un groupe de 40 procureurs généraux, issus des deux grands partis américains, qui ont déposé une « notice of interest » (un avis d'intérêt) dans le dossier de faillite. Ces autorités ne s'opposent pas à la vente en l'état, mais elles surveilleront ses conditions. Le périmètre exact des actifs cédés à Disney n'est pas encore précisé.

Character.AI, plateforme de chatbots conversationnels, a annoncé mardi qu'elle se plaçait sous la protection du Chapter 11 (une procédure de faillite américaine) et qu'elle vendait une partie de ses actifs à Disney. Une question se pose aussitôt : que deviennent les données accumulées par les utilisateurs ? Selon The Verge, une quarantaine de procureurs généraux américains se sont saisis du dossier. Pour les entreprises qui confient des données à des outils d'IA tiers, c'est un cas d'école.

Ce que l'on sait de la faillite de Character.AI

Le Chapter 11 est un dispositif du droit américain qui permet à une entreprise en difficulté de se restructurer sous le contrôle d'un tribunal. Ce cadre prévoit souvent la vente de certains actifs pour rembourser les créanciers. Dans le cas de Character.AI, une partie des actifs doit revenir à Disney. Le périmètre exact de la cession n'est pas précisé dans les informations disponibles à ce stade.

Rapporté par The Verge, l'élément marquant tient moins à la faillite elle-même qu'à la réaction des autorités. La procureure générale de l'État de New York, Letitia James, a révélé l'existence d'une enquête menée depuis plusieurs années par plusieurs États contre Character.AI. Elle demande aujourd'hui que des protections encadrent les données des consommateurs susceptibles d'être vendues dans le cadre de la procédure.

Pourquoi 40 procureurs généraux interviennent dans la procédure

Letitia James fait partie d'un groupe de 40 procureurs généraux, issus des deux grands partis américains, qui ont déposé une « notice of interest » (un avis d'intérêt) dans le dossier de faillite. L'objectif affiché, cité par The Verge : informer toutes les parties « des questions réglementaires qui devront être traitées lors de toute vente ou de tout transfert des activités ou des actifs » de l'entreprise.

Concrètement, ces autorités ne s'opposent pas, en l'état, à la vente. Elles signalent qu'elles surveilleront ses conditions, en particulier pour tout ce qui touche aux informations personnelles. Selon le média, les procureurs mettent en garde contre un risque sérieux lié au transfert de la technologie. Le détail complet de leurs arguments n'est pas repris dans le résumé dont nous disposons.

Les données conversationnelles, un actif particulier

Lors d'une faillite, les bases de données font partie des actifs qui peuvent être cédés, au même titre que la technologie, les marques ou les contrats. Pour un service de chatbot, ces données ont une nature particulière : il s'agit de conversations, parfois longues, dans lesquelles les utilisateurs peuvent partager des éléments personnels.

La question soulevée par ce dossier dépasse donc Character.AI. Les engagements pris par une entreprise envers ses utilisateurs (sa politique de confidentialité, ses conditions d'utilisation) suivent-ils les données lorsqu'elles changent de propriétaire ? C'est précisément ce point que les procureurs entendent faire examiner dans le cadre de la procédure.

Ce que ça change pour vous

Ce dossier concerne un service grand public, mais il éclaire un risque que toute organisation utilisant des outils d'IA externes devrait intégrer : la pérennité du fournisseur. Le marché de l'IA compte de nombreux acteurs jeunes, dont certains seront rachetés, fusionnés ou disparaîtront. Quelques réflexes utiles :

  • Vérifier les clauses contractuelles : que prévoit le contrat en cas de rachat, de changement de contrôle ou de faillite du prestataire ? Les données de votre entreprise peuvent-elles être transférées à un tiers ?
  • Exiger des garanties de suppression : demandez comment et dans quels délais vos données peuvent être supprimées ou restituées à la fin de la relation.
  • Limiter ce que vous partagez : évitez d'envoyer des informations sensibles (données clients, RH, financières) dans des outils dont vous ne maîtrisez pas la gouvernance des données.
  • Cartographier vos usages : savoir quels outils d'IA sont utilisés dans vos équipes, y compris de manière informelle, est un préalable à toute gestion du risque.
  • Associer juridique et achats : l'évaluation d'un fournisseur d'IA ne relève pas uniquement des équipes techniques ou métiers.

Un précédent à suivre pour la régulation de l'IA

L'intervention coordonnée de 40 procureurs généraux montre que les autorités américaines considèrent les données des services d'IA comme un enjeu de protection des consommateurs à part entière. La manière dont le tribunal et les parties traiteront cette question pourrait servir de référence pour de futures cessions dans le secteur.

Pour les entreprises, la leçon est structurelle plutôt que conjoncturelle : adopter un outil d'IA, c'est aussi confier des informations à une organisation dont l'avenir n'est pas garanti. La valeur d'un outil ne se mesure pas seulement à ses performances, mais aussi à ce qu'il advient de vos données le jour où le fournisseur change de mains.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Chapter 11 auquel Character.AI s'est soumis ?

Le Chapter 11 est un dispositif du droit américain qui permet à une entreprise en difficulté de se restructurer sous le contrôle d'un tribunal. Ce cadre prévoit souvent la vente de certains actifs pour rembourser les créanciers. Dans le cas de Character.AI, une partie des actifs doit revenir à Disney.

Que deviennent les données des utilisateurs de Character.AI après la faillite ?

Leur sort n'est pas encore fixé, car le périmètre exact des actifs cédés à Disney n'est pas précisé à ce stade. Les procureurs généraux américains demandent que des protections encadrent les données des consommateurs susceptibles d'être vendues dans le cadre de la procédure.

Combien de procureurs généraux américains interviennent dans la faillite de Character.AI ?

Un groupe de 40 procureurs généraux, issus des deux grands partis américains, a déposé une « notice of interest » (un avis d'intérêt) dans le dossier de faillite. Leur objectif est d'informer toutes les parties des questions réglementaires qui devront être traitées lors de toute vente ou de tout transfert des activités ou des actifs de l'entreprise.

Qui est Letitia James et quel est son rôle dans ce dossier ?

Letitia James est la procureure générale de l'État de New York. Elle a révélé l'existence d'une enquête menée depuis plusieurs années par plusieurs États contre Character.AI. Elle demande que les données des consommateurs soient protégées lors de la vente des actifs.

Les procureurs généraux s'opposent-ils à la vente des actifs de Character.AI à Disney ?

Non, ces autorités ne s'opposent pas à la vente en l'état. Elles signalent qu'elles surveilleront ses conditions, en particulier pour tout ce qui touche aux données des utilisateurs.


Article publié le 15 octobre 2026 .